La France est devenue, dans l'indifférence générale, la capitale mondiale de la musique africaine qui y fait un malheur, un carton, sans le moindre soutien des réseaux musicaux ou des maisons de disques. A quoi pouvons-nous attribuer cette montée en puissance ?
Premièrement à un simple fait démographique : les enfants d'immigrés, aujourd'hui âgés plus de 20 ans, aiment à se récréer en mettant en valeur l'exotisme africain. Ils sortent et désormais plus de 15 % du public des soirées africaines provient de la Communauté européenne.
Autre facteur, et non des moindres : le point commun qui réunissait les artistes africains tend à s'estomper ; car on les conditionnait dans un créneau horaire situé entre 22- 23 heures et l'aube, heure où les stars occidentales et leur public terminaient leurs prestations.
La justification de l'époque, un peu tendancieuse, « quand on est Africain on a le sang chaud et on danse toute la nuit » n'a plus de prise aujourd'hui. Excepté quelques artistes qui s'y complaisent, Félix Wazekwa semblant faire partie de ceux là qui a fixé l'heure de sa première production à l'Olympia, le 11 avril prochain, de 23 heures à l'aube en affirmant viser plus le public congolais et en excluant d'office le public européen pour la simple raison que l'horaire fixée n'est pas adapté à ses habitudes.
La grande majorité des artistes africains se produisant à Paris est donc revenue à des horaires plus conventionnels, à la portée de tout usager des transports urbains. Amadou et Mariam, qui se sont produits au mois de mars à l'Olympia,
Ils n'ont pas eu à se plaindre du défaut de mélomanes africains qui ont envahi la scène dès 18 heures. Même son de cloche pour les Bantous de la capitale qui se sont produits, enfin diront certains, le 11 avril à 20 heures à l'Olympia et à l'occasion du cinquantenaire de l'orchestre après une tournée mémorable digne des attentes suscitées
Autre star africaine, qui a réellement pris le temps de se faire apprécier à sa juste valeur par le public européen comme en témoigne sa Victoire de la musique en février 2009 dans la catégorie « Meilleur album de musiques du monde » pour son dernier album intitulé Tchamantché
Tchamantché
: Rokia Traoré
Rokia Traoré
, La chanteuse malienne se produira également, et dans le même créneau horaire que les Bantous de la capitale ou Amadou et mariam, sur la scène mythique de l'Olympia.
Finalement Paris, qui n'a rien perdu de sa superbe, continue de soutenir la musique africaine en lui aménageant des plages horaires plus appropriées.
Ferréol Constant Patrick Gassackys